Archives de la catégorie ‘On y était’

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En boxe, les journalistes ont déjà usé jusqu’à la moelle l’expression « combat du siècle ». Permettez-nous alors de choisir « combat du millénaire » pour désigner la rencontre entre Manny Pacquiao et Floyd Mayweather. On l’attendait depuis 2009 et l’échec de la première négociation. Les deux poids welters ont finalement choisi un terrain neutre, Cardiff, pour croiser les gants et ont convenu de contrôles anti-dopages inopinés jusqu’à la veille du combat. Le samedi 25 janvier 2014, l’affrontement a eu lieu et, au-delà du résultat, cette apogée pugilistique a tenu ses promesses.

Reportage de notre envoyé spécial à Cardiff, Jim Caraghi (traduit de l’anglais par Félix Barrès).

« Ça, c’est la boxe ! » (That’s boxing !) C’est la phrase de mon pote et collègue, Ian Strampf, de la BBC, les larmes aux yeux depuis son poste de commentateur. Hier soir, au Millenium stadium de Cardiff, le tableau avait de quoi faire rougir un Michel-Ange : 50 000 fans du noble art, debout sur leurs sièges, rugissant de plaisir dans l’arène ; au centre, deux gladiateurs à demi-nus, muscles saillants, se rendant coup pour coup et prêts à mourir sur le ring.

Cette scène, les amateurs de boxe l’ont sûrement vu des centaines de fois mais pas comme ça. Pas avec un tel enjeu. Pas avec deux hommes qui jurent posséder jalousement l’unique clé de leur art, comptant assez de ceintures pour rhabiller tous leurs malheureux adversaires. Pas avec 7 millions de pay-per-view à 70 dollars vendus par HBO et plus de 20 millions dans le monde. Pas avec la reine d’Angleterre, le président des Philippines et celui des États-Unis côte à côte, au bord des cordes. Un combat mythique entre deux géants du coup de poing. (suite…)

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Miguel Cotto a beau être un petit bonhomme, c’est Sergio Martinez qui a les genoux en mousse. Dur pour un type dont la boxe repose sur le mouvement permanent et le jeu de jambes qui va avec.

La soirée d’hier au Madison Square Garden vaut tous les diagnostics médicaux : ses jambes ne le portent plus. En témoigne le festival de chutes et de glissades observé pendant 10 rounds et tout particulièrement cette première reprise catastrophe qui a vu l’Argentin mordre trois fois la poussière.

Un chemin de croix pour Martinez, une victoire de choix pour Cotto(suite…)

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En battant sans génie le rugueux Luis "même pas mal" Collazo, Amir "Yes he Khan" reste dans la course pour défier Floyd Mayweather en septembre.

À nouveau, Marcos Maidana risque pourtant de lui damer le pion. Ce combat contre Mayweather, "El Chino" l’avait attendu avec la patience d’un paysan de la pampa. Il l’a abordé avec une détermination monstrueuse. Douze rounds solides. Une pression constante et des coups de marteau peu académiques qui ont fait passer quelques sueurs froides dans les rangs de la Money Team. Floyd l’emporte par décision mais la perf de l’Argentin pourrait lui offrir une seconde chance.

(suite…)

Échec & jab

Publié: 2 mars 2013 par CULTUREBOXE dans On y était
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Un guerrier ultime, à mi-chemin entre Mohamed Ali et Garry Gasparov ? C’est le rêve qu’a fait Enki Bilal dans Froid Equateur, paru en 1992. Le vendredi 1er février, ce rêve est devenu réalité dans la salle de vente aux enchères Artcurial avec le premier combat officiel organisé par la World Chess Boxing Organization. On y était.

Le Chessboxing : six parties d’échecs de quatre minutes entrecroisées de cinq rounds de boxe de trois minutes. Un sport étonnant pratiqué à Berlin, Londres, Krasnoïarsk, Los Angeles, Calcutta ou Shanghai.

Au bord du ring, les photographes jouent des coudes pour avoir le meilleur point de vue. Plus loin, les mondains se saluent, sourire aux lèvres. D’autres contemplent, songeurs, l’acrylique de Bilal « Chess-boxers with black horse » qui sera vendu aux enchères au profit de la WCBO.

Charlotte Rampling siffle la fin des mondanités et annonce les deux combattants du soir. L’ancien champion du monde allemand, Frank « Anti-Terror » Stoldt, va se frotter au tenant du titre biélorusse, naturalisé allemand, Leonid « Granit » Chernobaev. Un combat de lourds-légers arbitré par le Grand Maître et commentateur d’échecs Jean-Luc Chabanon, chargé d’expliquer le déroulement des parties au public en décryptant les choix stratégiques des deux chess-boxeurs. (suite…)

Ricky "Hitman" Hatton (45 victoires dont 32 K-O, 3 défaites) en connaît un rayon question pub. Entre deux combats, le lad de Manchester n’a jamais cessé de se pinter avec les gars du quartier. Une street credibility qui a aussi fait ses preuves sur le ring avec une boxe rugueuse, offensive et des victoires généralement expédiées avant la limite.

En 2005, Hatton arrête Kostya Tszyu, champion IBF et plane sur la catégorie des super légers. Dans la foulée, l’Anglais se lance à la conquête de l’Amérique escorté par la British Army. Ils sont à chaque fois plusieurs milliers à traverser l’Atlantique pour descendre de la Bud et agiter le drapeau de l’Union Jack sous le nez du cousin américain. Jusqu’en 2007, c’est l’euphorie : Collazo, Urango, Castillo échouent face au puncher de Manchester. Ricky rules the world. (suite…)

Crédits : Al Bello

La marche était trop haute. Hier soir au Barclays Center de Brooklyn, Hassan N’Dam (27 victoires dont 17 par K-O, désormais 1 défaite) – porteur de la ceinture WBO des poids moyens – a mordu six fois la poussière devant Peter "Kid Chocolate" Quillin (28 victoires dont 20 par K-O) avant de s’incliner aux points sur décision unanime des trois juges.

N’Dam a bien boxé, dansé souvent, touché parfois, mais s’est fait cueillir par la puissance et la justesse des coups du local. Le franco-camerounais avait traversé l’Atlantique pour conquérir les coeurs. Il y a laissé son invincibilité mais accompli sa mission. Alors que le public – pourtant acquis à la cause de Quillin – offrait une ovation méritée à son courage, les commentateurs espéraient le voir bientôt de retour sur les rings américains.

Même vaincu, N’Dam fait désormais partie du paysage.

Voir le combat.

La boxe a ses raisons que la raison ne connaît point.

Hier soir, il fallait être aveugle pour scorer les douze rounds du championnat du monde des welters autrement qu’en faveur du tenant, Manny Pacquiao.

Deux juges sur trois, C.J.Ross et Duane Ford, ont pourtant défié toute logique et offert la victoire au challenger, Timothy Bradley.

Les chiffres : 253 coups portés par Pacquiao contre 159. Une domination qui s’est également exprimée à l’impact avec 190 coups puissants réussis contre 108.

Au-delà de l’injustice de la défaite, la performance de Manny Pacquiao a rassuré. Certes, ses jambes ne le portent plus comme avant, ses déplacements sont moins imprévisibles et voilà cinq combats qu’il ne s’est plus imposé par KO, mais le Philippin a répondu présent, avec un pressing étouffant, de violentes combinaisons et un impact physique étonnant pour un boxeur de 33 ans.  (suite…)